Témoignage : Aurélien Armide raconte la création du livre Samouraï


Les Editions du Château des ducs de Bretagne produisent depuis quelques années déjà des ouvrages liés aux collections permanentes du musée d’histoire de Nantes (ouvert en 2007), à ses expositions, ainsi que des ouvrages accompagnant certains événements culturels.

Les expositions les plus importantes du château, portant en général un regard sur « l’ailleurs », durent six mois en moyenne et sont la plupart du temps immortalisées par un bel ouvrage.

Nous avons rencontré Aurélien Armide, chargé de la chaîne graphique et de la fabrication pour les éditions du musée. Il nous a raconté la création du livre dédié à une exposition sur les samouraïs, mais aussi le rapport qu’il entretient avec le papier et sa façon de travailler.

Comment se passe le choix du papier pour un ouvrage ?

Après avoir collaboré avec des agences de graphisme et des éditeurs locaux (comme MeMo) ou nationaux (notamment Gallimard), et après avoir beaucoup appris de ces dernières collaborations, le musée a souhaité piloter et produire seul ses catalogues.

Nous travaillons à deux sur les projets éditoriaux. La conservation nous donne les intentions de l’exposition, nous explique le contenu de la scénographie, et fixe avec nous le budget dédié à l’ouvrage. Nous avons ensuite la chance d’avoir une grande liberté dans le choix de la fabrication du livre et donc du papier.

Ce choix est notamment orienté par le toucher du papier, élément important pour nous, et ce(s) papier(s) doivent refléter l’âme de l’exposition.

En général, nous utilisons au moins deux papiers différents pour un ouvrage : l’un pour la couverture et l’autre pour les cahiers intérieurs.

Le plus important pour moi est de faire passer un message par ces papiers, et ensuite bien sûr par le graphisme, la typographie, tout en mettant en avant l’iconographie.

Aperçu des défis, contraintes et exigences en matière de papier :

Il n’y a pas forcément de collection définie pour les catalogues d’exposition ou de norme adoptée. Chaque ouvrage est confectionné comme un modèle unique, avec des papiers et des formats différents. C’est une volonté du musée de se laisser guider par la thématique et les papiers retenus.

Pour des plus petits projets par contre, nous avons fait le choix de mettre en place des collections comme « échos des lectures qui résonnent », « En guerres », « les indispensables »…

A propos de l’ouvrage Samouraï :

Le Japon est un pays très connaisseur en matière de papier, avec une grande variété disponible. Ce fut passionnant de plonger dans ce monde.

L’exposition regroupait beaucoup d’armures, d’objets précieux, de tissus et d’estampes. L’idée a été de trouver un papier qui puisse « ressembler » à du papier japonais tout en essayant d’obtenir un bon rendu des matières des objets représentés et de leur chromie.

Après avoir hésité à utiliser le papier Neblina, nous nous sommes orientés à l’issue de nombreux échanges avec la prescriptrice d’Antalis vers la gamme des papiers de création Rive — le Rive Dot a tout de suite attiré notre attention — apportant une touche contemporaine à l’ouvrage. Il a pu mettre en avant les visuels.

Ce papier a été couplé avec du Pop’Set ultra red pour les gardes, dont la couleur fait écho parfaitement au drapeau japonais.

Nous avons travaillé avec un partenaire pour la photogravure (Pixelfab) et un imprimeur (Edicolor). Le travail sur ce projet était assez pointu. Nous souhaitions un résultat optimal.

Le résultat a été pour nous gratifiant, l’ouvrage Samouraï a beaucoup plu au public (nous avons réalisé pour la première fois retirage de l’ouvrage pour satisfaire la demande de nos visiteurs-lecteurs). Ils ont beaucoup apprécié le côté tactile du livre ; ce livre a marqué les esprits, par son contenu et par sa fabrication. L’ouvrage a bien mis les objets en valeur et dans ce cadre le papier a joué pour cela un rôle déterminant !