Le papier de création annonce le printemps ! Créations de Mathilde Arnaud au Brainstore de Paris [exposition]


La passion que voue Mathilde Arnaud au papier est évidente et résonne dans sa manière pétillante et chaleureuse d’en parler. L’exposition qui lui est consacrée au Brainstore Antalis de Paris à partir du 5 avril 2017 ne pouvait trouver meilleur thème que le printemps, tant l’univers de cette créatrice est joyeux, coloré et rempli d’un espoir de renouveau. Peut-être n’est-ce pas non plus un hasard si elle s’est retrouvée, dans son parcours, au sein d’un autre printemps, celui du Printemps arabe ? La boucle est bouclée, nous disait-elle. Nous, nous y voyons une belle cohérence et une sensibilité à découvrir. À ne pas manquer.

 

Printemps du papier de création : Mathilde Arnaud se raconte

 

L’histoire de Mathilde Arnaud avec le papier de création s’est composée de détours, mais elle peut se résumer comme un « retour aux premiers amours ». Le papier, on le découvre, on s’en éloigne pour aller voir ailleurs, mais on y revient, irrémédiablement parce qu’il est à la fois simple et infini. Une histoire d’attraction sensorielle, comme un retour à l’essentiel.

 

Creative Power : Quel est le parcours qui vous a amenée au papier ?

Mathilde Arnaud : J’ai débuté ma formation par une année préparatoire à l’École d’Arts Plastiques de Paris, puis j’ai intégré l’École d’Art et de Design d’Orléans où j’ai décroché un DNSEP en Design visuel. Pendant mes études, j’ai beaucoup travaillé le papier. Puis, je m’en suis détachée lorsque, mon diplôme en poche, j’ai décidé de partir en Tunisie où j’ai travaillé comme graphiste, aussi bien pour le print que pour le web. Je suis arrivée dans ce pays juste avant la révolution qui a engendré de nombreux projets nécessitant la création d’identités visuelles. J’ai même créé des réalisations liées au pop-up, rappelant cette pratique qui me tenait à cœur. Puis, en 2013, le besoin s’est fait ressentir de revenir à mon premier amour : le papier. Mon retour en France en 2014, à Marseille, a marqué mon envie de me consacrer totalement au papier. Je me définis désormais comme une graphiste spécialisée dans l’art du papier. Je réalise des faire-parts, des cartons d’invitations pour des marques comme l’Occitane et j’anime de nombreux ateliers pour enfants et adultes afin de partager mon savoir-faire.

 

CP : Avez-vous une « spécialité » ?

MA : Pas vraiment, j’associe plutôt plusieurs techniques. Mon idée est de produire de l’image à partir de la découpe et du pli avec le kirigami, l’origami ou le pop-up. Je suis spécialisée dans l’image, ce que je produis est donc du 2D. Je ne travaille pas sur le papier en volume, en 3D. Chez moi c’est plus de la 2D mise en relief, dans l’esprit des livres pop-up. Ce n’est pas de l’objet, mais de l’image.

 

CP : D’où vous est venue cette envie de vous consacrer pleinement au papier ?

MA : Pour moi, le papier permet d’allier la conception graphique sur ordinateur et le côté manuel de l’assemblage. J’aime découper le papier avec l’idée de créer des images tangibles. On va vers une digitalisation générale, donc cela me plaît de proposer en guise de contre-posture des images tactiles, où il y a de la matière et de la profondeur. Je travaille beaucoup avec les gammes Pop’Set, Curious Collection Matter et Curious Collection Skin. J’adore avoir des sensations différentes. Tout comme on ouvre un livre et on le touche, entre en jeu ce rapport sensoriel très fort. Le papier, c’est un support incroyable ! On pense que c’est une niche, qu’il est limité, mais pourtant, il y a mille et une possibilités de le travailler. Tous les jours, je découvre de nouvelles choses.

 

CP : Qu’est-ce qui vous plaît dans le papier ?

MA : Son aspect sensoriel évidemment, mais aussi le côté basique du matériau même si j’utilise du papier haut de gamme. Imaginer des images un peu alternatives qui peuvent s’animer comme avec le pop-up, c’est fascinant. Le papier représente aussi l’accessibilité, car il nécessite peu d’outils. Il est à la fois la fragilité et le potentiel de choses qu’il offre à réaliser.

 

Mathilde Arnaud et le papier de création annoncent le printemps : l’exposition au Brainstore

 

D’avril à juin 2017, Mathilde Arnaud expose au Brainstore de Paris, récemment rénové. Elle a conçu des créations inédites pour les grandes vitrines et colonnes de cet espace où le papier de création prend tout son sens. L’origine de ce projet vient d’un belle rencontre autour du papier, comme s’il savait, mieux que tout autre support, fédérer les hommes.

 

CP : Cette exposition qui va débuter au Brainstore puise son origine dans une belle histoire et une rencontre, je crois. Pouvez-vous nous la raconter ?

MA : Je connais Fatima du Brainstore de Paris de l’époque où elle travaillait pour le A4 Paper shop, rue de Rennes à Paris. À l’époque, j’étais étudiante en arts et je m’intéressais déjà au papier et au pop-up, mais seulement sur du papier ordinaire, avec ce que j’avais sous la main. À l’occasion d’un atelier pop-up organisé par Antalis à la boutique A4 Paper shop, j’ai pu lui présenter mon travail qui l’a beaucoup séduite. Elle m’a proposé de réaliser des créations pour habiller la vitrine de la boutique. C’était pour moi la première fois que je pouvais travailler et manipuler les beaux papiers distribués par Antalis. On peut dire que je suis un peu une « enfant d’Antalis » ! J’ai eu une véritable révélation en découvrant ces papiers magnifiques qui m’ont permis de m’ancrer dans ce que je fais et d’orienter mon travail vers la découpe dans la chair du papier. En mettant à ma disposition des matériaux que je ne pouvais pas m’offrir, cela m’a permis de conditionner ma carrière.

 

CP : Dites-nous comment vous vous êtes retrouvée au Brainstore de Paris ?

MA : Dix années après mes échanges avec Fatima au A4 Paper shop, je l’ai retrouvée au Brainstore dans son nouveau lieu. Les retrouvailles se sont faites sur un coup de chance. En effet, mon retour en France marquant mon envie de me spécialiser dans la prestation graphique via le papier, j’ai découvert avec tristesse que le A4 Paper shop avait fermé ses portes. Par un heureux hasard, dans la foulée, Fatima m’a appelée pour prendre de mes nouvelles et m’inviter à un Brainstore éphémère à Marseille. C’était le destin !

 

CP : L’exposition au Brainstore constitue donc une belle concrétisation de toute cette histoire et de votre parcours.

MA : En effet, c’est un petit peu boucler la boucle ! À l’époque, je travaillais à la main, comme étudiante. Aujourd’hui, je suis équipée et c’est vraiment mon métier. C’est un retour aux sources avec une maturité artistique. Je suis très émue et contente de l’intérêt porté à mes réalisations.

 

CP : Vos créations sont réalisées sur-mesure pour le Brainstore, à l’occasion de l’exposition. C’est bien cela ?

MA : En effet, j’ai eu carte blanche pour le sujet, avec quelques directions liées au lieu : habiller la vitrine, mais aussi les colonnes. On a eu envie avec l’équipe du Brainstore de quelque chose de très coloré (qui correspond parfaitement à mon univers) pouvant faire écho à la période du printemps où va se dérouler l’exposition. On voulait aussi réutiliser les cubes en papiers découpés qui m’avaient servi pour mes vœux. J’ai donc cherché à végétaliser le Brainstore avec le maximum de cubes, sortes de jardinières, qui viendraient fleurir le lieu. Au final, chaque jardinière peut se voir comme un nuancier des papiers Antalis. En peu de temps, j’ai dû produire quelque chose de bien, j’y tenais ! Je n’avais pas envie que ce soit simplement de la décoration graphique.

 

CP : D’où tirez-vous votre inspiration ?

MA : J’ai décidé, pour structurer mon projet, de puiser mon inspiration dans le monde du livre et de la littérature jeunesse (suite à un projet d’illustration de livre pour enfants que j’ai réalisé en début d’année). J’ai donc écrit un poème composé de 6 strophes pour construire mon travail, à partir desquelles j’ai décliné un répertoire graphique. J’avais très envie de raconter une histoire pour cette exposition, celle d’une balade dans un jardin en papiers découpés.

 

 

Exposition Mathilde Arnaud au Brainstore de Paris

Du 5 avril au 30 juin 2017

Du lundi au jeudi de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00

Le vendredi de 9h30 à 12h30 et 14h00 à 17h00

64, avenue de France

75013 Paris

L’une des « jardinières » de papier qui seront exposées au Brainstore à partir du 5 avril 2017.

 

Mathilde Arnaud a créé cette exposition comme une histoire, une balade au milieu d’un jardin de papier.

 

Faire-part : ananas en dentelle de papier (Curious Metallics Super Gold) collé sur photo de papiers découpés.

 

Pour ce carton d’invitation L’Occitane, un bouquet de papiers Antalis : Curious Skin Indigo, Curious Metallics Super gold et Or, Keaykolour Rouge brique.

 

Illustration du livre « Erminig » (édition Bilboquet – mai 2017) avec 2 papiers Antalis : Pop’Set Riviera Blue et Infra Violet.

 

« Ménagerie », série d’illustrations en papiers découpés, 100 % papiers Antalis.

Avant Mathilde Arnaud, et encore jusqu’au 31 mars 2017, c’est l’artiste Caroline Moisan et son personnage Minouche Accélère qui s’expose au Brainstore de Paris. #justaskantalis !

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