Maud Vantours : volume, couleur et lumière du papier de création

Maud Vantours, un univers de papier coloré et superposé

Maud Vantours a débuté sa formation par une année aux Beaux-Arts de Paris, avant d’enchaîner avec le BTS et la Licence professionnelle Design option textile-matériaux-surface à l’École Duperré. Établie en tant que freelance dès sa sortie de l’école en 2008, elle est installée depuis 1 an dans un joli et calme atelier du 20arrondissement de Paris. Creative Power a voulu mettre en lumière cette artiste-designer, de la même manière qu’elle éclaire le papier de création dans les vitrines de luxe.

Genèse d’une artiste-designer du papier

Creative Power : Vous vous êtes lancée en freelance dès la sortie de votre formation. Comment se sont déroulés vos débuts ?

Maud Vantours : J’ai tout d’abord travaillé dans un atelier de sérigraphie. Puis, grâce à l’École Duperré, j’ai été désignée « talent à la carte » par le salon Maison et objets. Cela signifie que j’ai fait partie de leur sélection de 6 artistes pouvant disposer d’un stand afin de mettre en valeur leur travail. Cet événement a joué un véritable rôle de tremplin m’offrant la possibilité de démarrer dans mon activité. Suite au salon, j’ai rencontré plusieurs clients, notamment dans le domaine du luxe en vue de décorer des vitrines et des événements de marques.

CP : Quels sont vos clients réguliers ?

MV : Je travaille principalement pour le secteur du luxe, car il m’a toujours attirée et il permet de réaliser des projets ambitieux. Par exemple, je collabore régulièrement avec de grandes marques de cosmétique comme Lancôme ou Guerlain ; d’horlogerie comme Baume et Mercier ou récemment Bulgari, lors du salon suisse Baselworld ; de joaillerie, avec Chaumet.

CP : Vous vous définissez comme une « artiste-designer ». Qu’est-ce que cela signifie à vos yeux ?

MV : En effet, je me situe entre l’art et le design. L’art, car je réalise des pièces uniques, dont des tableaux que j’expose et vends dans des galeries ou à la commande auprès de particuliers. Le design, car je mets mes compétences au service de grandes marques.

CP : Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

MV : Ce qui me plaît le plus, c’est la combinaison de tous ces secteurs : la cosmétique a ses richesses, l’horlogerie est très technique et emploie des matériaux différents. Je n’ai pas d’envie de me spécialiser, car il s’agit à chaque fois d’un nouveau challenge technique et créatif.

Naissance d’un style : le papier en « palimpseste »

CP : Est-ce que votre utilisation du papier vous est venue de votre formation ? Ou d’un intérêt plus personnel pour ce support ?

MV : Cette démarche vers le papier a été plutôt personnelle, car, lors de mes études, je me trouvais dans une formation plus orientée vers le textile et je n’ai pas eu d’enseignement spécifique sur le papier. C’est mon sujet de fin d’études qui a été le véritable point de départ et m’a permis de trouver ma voie. J’avais choisi comme sujet les murs très colorés des maisons coloniales de Cuba. En effet, au fil du temps, les peintures vives de ces habitations centenaires s’écaillaient et les habitants les recouvraient de peinture fraîche, souvent d’une couleur différente de la précédente. Peu à peu, s’est formée une sorte de palimpseste de couleurs. À partir de cette originalité, j’ai mené des recherches sur l’accumulation et la superposition, chaque motif venant compléter une composition globale. J’ai commencé à développer des revêtements muraux, sorte de papiers peints, ce qui m’a amenée naturellement au papier lui-même.

CP : Comment se met en œuvre cette créativité dans les projets pour vos clients ? Avez-vous parfois une liberté ou les projets sont-ils assez cadrés ?

MV : Cela dépend des marques. J’ai parfois la chance de profiter de cartes blanches qui ressemblent davantage à des partenariats. Cela a été le cas avec Adidas qui a fait appel à un illustrateur, un designer et un graphiste afin de développer leur vision du thème « infinite possibilities », donnant ainsi lieu à des publicités différentes. Cette carte blanche totale m’a donc offert une grande liberté, même s’il fallait jongler entre la marque et mon univers. Concernant les autres marques, cela se passe vraiment au cas par cas. Mais il est vrai que je privilégie les projets que je peux penser dans dans leur globalité.

Maud Vantours et les papiers Antalis : lumière et couleurs

Lumière et couleurs guident Maud Vantours dans ses choix de papiers. Ceux-ci ne sont pas, pour une fois, destinés à être touchés, mais bien à exprimer toute la puissance chromatique et jouer avec les éclairages des vitrines où ils sont exposés. Un autre regard sur l’infinie possibilité du papier. Au cœur du paper power !

La rencontre avec les papiers Antalis

Creative Power : Comment avez-vous découvert les papiers Antalis ?

Maud Vantours : Lorsque je travaillais sur mon sujet de fin d’études, je cherchais des papiers de qualité. L’École Duperré m’a tout de suite conseillé Antalis. Depuis, je fréquente beaucoup le Brainstore de Paris un lieu vraiment très pratique, où il est facile d’accéder aux papiers, avoir des échantillons, faire des tests. Aujourd’hui, je connais presque par cœur toutes les gammes !

CP : Quelle collaboration avec-vous mise en place avec les personnes du Brainstore et Antalis ?

MV : Je connais bien Annabelle Pham Van Sam, la responsable du Brainstore de Paris, que j’ai souvent au téléphone. Au début, je suis venue la voir en tant qu’étudiante pour prendre quelques papiers. Puis, je suis restée fidèle et j’ai continué de m’y rendre pour tous mes projets.

CP : Utilisez-vous le Paper Book ?

MV : Oui, je suis une grande utilisatrice du Paper Book ! J’utilise au quotidien ce bel outil. Le petit volume, notamment, est pratique pour avoir une visibilité rapide de toute la gamme.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le Paper Book, lisez l’article consacré à cet outil unique.

La couleur comme principal guide

CP : On sent une grande passion et attention pour les couleurs assez vives dans vos œuvres. Comment les appréhendez-vous ?

MV : En effet, j’aime beaucoup travailler les couleurs vives, car c’est ce qui marque. Dans le même temps, il faut trouver un équilibre pour que ce ne soit pas perçu trop violemment par l’observateur. C’est ainsi que se met en place tout un travail complexe sur les nuances et les bonnes associations.

CP : Par quoi est guidé votre choix d’un papier ?

MV : Ce qui m’intéresse surtout dans le choix des papiers, c’est la couleur. Je suis moins attirée par les textures que par les coloris et les grammages denses permettant un bon maintien de mes structures. En ce sens, les Pop’Set, avec leur grande diversité de teintes, est l’une de mes gammes de prédilection.

CP : Quels sont les autres papiers Antalis que vous préférez et pourquoi ?

MV : J’aime les Curious Skin, car ils absorbent très bien la lumière et les couleurs semblent très profondes. Au fur et à mesure que j’utilise les papiers, on apprend à connaître leurs forces et, parfois, leurs faiblesses. Il est important, pour les vitrines, qu’ils se maintiennent dans le temps, à la lumière des spots des vitrines.

CP : Le Skin est souvent appréhendé via le toucher. Il est donc très intéressant d’en parler sous un angle différent comme vous le faites.

MV : J’éprouve du plaisir quand je le touche en travaillant. Mais, en effet, ce que je recherche surtout c’est la manière dont un papier va être mis en scène en vitrine et réagir à la lumière. Et le Skin, en plus de son toucher velouté, répond très bien à ces contraintes.

Maud Vantours et le processus créatif d’un décor de vitrine

Le travail sur le volume, à travers le papier, est le credo de Maud Vantours. Or, en matière de décor de vitrine de luxe, le volume est primordial. Il faut que l’on voie de loin la mise en scène, que cela interpelle, que cela donne de la profondeur. Une vitrine doit donc se démarquer des milliers d’images imprimées en 2D que l’homme voit tous les jours. Chez Maud Vantours, le pari semble réussi puisque ses mille-feuilles de papiers nous aspirent et nous hypnotisent. Work in progress

Creative Power : Lorsque vous concevez une vitrine, comment procédez-vous ?

Maud Vantours : Pour chaque projet, je distingue 4 phases : la conception, le graphisme sur ordinateur (une phase numérique systématique pour dessiner les motifs) ou à la main, le développement de la gamme colorée et la production.

CP : Quelles qualités la réalisation d’une vitrine nécessite-t-elle ?

MV : Une vitrine représente pas mal de contraintes techniques qui forment le cadre dans lequel il faut que je travaille. Chaque cas est très différent, mais en général, je suis contrainte par la taille de la vitrine (spacieuse ou minuscule), la profondeur, la possibilité ou non de pouvoir suspendre des éléments au plafond… C’est un métier qui réclame d’être ingénieux en permanence !

CP : Qu’est-ce qui vous démarque ?

MV : Je passe beaucoup de temps à travailler la gamme colorée, car elle constitue selon moi la force de mon travail. En effet, l’association des couleurs est parfois sous-estimée. Pourtant, je pense que la couleur peut vraiment raconter une histoire, faire passer un message. Le pastel, plus enfantin par exemple, ne signifiera pas la même chose que des couleurs plus sombres créant une ambiance particulière. La couleur peut également apporter un effet de surprise.

CP : Comment procédez-vous pour la découpe des papiers ?

MV : Je découpe à l’exacto pour certaines formes à la main, mais également au plotter pour les formes plus répétitives et les projets de plus grande ampleur.

CP : Vous aimez associer les nouvelles technologies et le travail manuel. Quel est votre état d’esprit par rapport à cela ?

MV : Je ne mets pas le manuel sur un piédestal. Je considère qu’il est intéressant d’utiliser tous les moyens techniques à ma disposition pour mettre en œuvre mes projets. Il m’arrive donc souvent d’associer les nouvelles technologies à une partie plus manuelle. Je suis toujours à la recherche de nouvelles techniques pour créer de nouveaux effets.

CP : Quels sont les projets en cours dont vous pouvez nous parler ?

MV : J’ai réalisé des vitrines pour Chaumet, à Londres, dans les boutiques Selfridges, Harrods et celle de la marque sur New Bond Street, dans le cadre de leur nouvelle collection de joaillerie sur le thème des hortensias. Sur ce projet, je ne gérais pas l’installation, mais cela m’arrive souvent.

Retrouvez Maud Vantours en plein travail dans son atelier avec cette vidéo.

 

Lou Magrin, prescriptrice : du conseil sur-mesure

Maud Vantours, fidèle utilisatrice des papiers Antalis, est suivie depuis ses débuts par Lou Magrin, l’une de ces prescriptrices Antalis qui font de leur métier un art de l’écoute et du conseil sur-mesure. Portrait croisé avec l’une des premières admiratrices du travail de la jeune étoile montante du papier de création.

Creative Power : Depuis combien de temps travaillez-vous chez Antalis ? Quel est le parcours qui vous a menée à la prescription et au papier ?

Lou Magrin : J’ai débuté chez Antalis en tant que collaboratrice commerciale en 2001. Puis, en 2008, j’ai eu envie de changer de poste au sein de la société. C’est ainsi que je suis devenue prescriptrice de Paris intra-muros et sa banlieue que je me partage avec Laurence Auvray et de certaines zones en région. J’étais très enthousiaste de cette nouvelle étape, car j’aime beaucoup le contact, l’organisation de beaux événements… Avant d’intégrer Antalis, je travaillais pour la marque Princesse tam.tam. Or, la manière de travailler les collections de lingerie est proche des collections de papier : le toucher, le visuel, les gammes entrent en jeu. J’ai donc retrouvé dans le papier haut de gamme cette grande diversité et créativité.

CP : Comment concevez-vous votre rôle de prescriptrice ?

LG : Ce métier est très enrichissant, car il est basé sur la confiance. J’interviens au tout début d’un projet et participe à son accompagnement de bout en bout. Tout cela dans l’ombre, en toute confidentialité. Endossant ce rôle de conseiller expert, je me place également comme l’interface entre nos différents services et contacts. En effet, les clients sont très demandeurs d’informations techniques pointues, mais aussi de références et de fournisseurs de qualité. Être prescriptrice, c’est conseiller et plus encore. Les équipes sont là pour débroussailler le terrain afin de trouver le matériau le plus adapté. Il est également important de suivre l’air du temps et les tendances qui le composent. C’est un service véritablement très privilégié que nous proposons à nos clients.

CP : Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

LM :  J’apprécie énormément la relation de confiance que nous cultivons, le client et moi. J’éprouve toujours le même émerveillement face aux réalisations des créateurs que j’accompagne. Je suis bluffée, car ils arrivent toujours à inventer de nouvelles choses. Et j’aime tout particulièrement dénicher des talents atypiques. Ainsi, je ne me lasse jamais !

CP : Comment avez-vous fait la connaissance de Maud Vantours ?

LM : J’ai rencontré Maud en 2008-2009 chez elle, alors qu’elle travaillait sur une collection de luminaires et qu’elle cherchait des informations sur des produits en polypropylène. J’ai été subjuguée par ses réalisations. Et j’ai tout de suite senti qu’elle serait une étoile montante. Depuis, on a tissé une belle relation et on se contacte régulièrement, dès que j’ai de nouveaux papiers à lui présenter, notamment. Je l’invite également aux événements Arjowiggins qui lui permettent de nourrir son inspiration en rencontrant d’autres créateurs.

Un bel exemple de travail sur la gamme colorée.
Un bel exemple de travail sur la gamme colorée.
Stand Arjowiggins Creative Paper au LuxePack Monaco, 2012.
Stand Arjowiggins Creative Paper au LuxePack Monaco, 2012.

 

Carte blanche colorée pour la marque Adidas.
Carte blanche colorée pour la marque Adidas.

 

Vitrine (vue extérieure) pour Annick Goutal Paris, 2014.
Vitrine (vue extérieure) pour Annick Goutal Paris, 2014.

 

Vitrine (vue intérieure) pour Annick Goutal Paris, 2014.
Vitrine (vue intérieure) pour Annick Goutal Paris, 2014.

 

Fleurs de papier épurées pour cette vitrine Baume et Mercier, 2016.
Fleurs de papier épurées pour cette vitrine Baume et Mercier, 2016.

 

Golden sculpture impressionnante.
Golden sculpture impressionnante.

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