Design papier : Camille Ortoli, le sens du détail

La rentrée débute en beauté ! Creative Power vous propose de partir à la découverte d’une designer papier qui a le sens du détail et met en lumière, avec son style propre, certains des plus beaux papiers d’Antalis. Rencontre avec une jeune passionnée, Camille Ortoli.

Parcours de Camille Ortoli, designer papier

De ses premières manipulations du papier étant enfant aux vitrines des marques de luxe, en passant par sa formation en arts graphiques, nous avons retracé le parcours de Camille Ortoli. Ou comment le design papier s’est imposé à elle.

Creative Power : Quel est le parcours qui vous a amenée à votre activité de designer papier ?

Camille Ortoli : J’ai suivi une formation d’art graphique d’une durée de 3 ans à l’École professionnelle supérieure d’arts graphiques, (Paris). Lors de la deuxième année de mon cursus, j’ai travaillé en tant qu’assistante sur un projet entièrement réalisé en papier et carton. Cela m’a permis de découvrir le métier de designer papier. Suite à ce stage et de retour à ma formation, j’ai décidé de travailler tous mes visuels avec le papier. Ce fut une manière pour moi de revenir à un travail manuel, au lieu de travailler en permanence devant un ordinateur.

CP : Pour quels types de clients et projets travaillez-vous ?

CO : Mes premiers projets en sortant de l’école étaient destinés à la publicité. La première marque pour laquelle j’ai travaillé est « Magasin U ». J’ai réalisé un décor en papier qui a été animé par la technique de stop motion afin de servir dans un film publicitaire. D’autres marques comme la SNCF, Philips, ou dans le domaine du luxe (Miu Miu, Boucheron, Salvator Ferragamo, Lancôme) m’ont fait confiance.

CP : Comment avez-vous fait évoluer votre travail ?

CO : Aujourd’hui, j’oriente davantage mon travail vers le domaine de l’événementiel et du décor de vitrines. J’ai, par exemple, mis en scène les vitrines de la maison Mellerio, de Shang Xia-Hermès, ou de l’hôtel Royal Madeleine. J’aime l’idée que les personnes peuvent apercevoir mon travail sur le papier « en vrai ». En effet, dans les publicités, on pense parfois que mes créations en papier sont des visuels numériques en 3D. Or, dans un lieu physique, pas de confusion possible, on voit immédiatement qu’il s’agit réellement de papier.

CP : Pouvez-vous nous parler de l’un de vos récents projets ?

CO : Récemment, pour les vitrines extérieures de la maison de joaillerie Mellerio, rue de la paix à Paris, j’ai conçu 3 grandes fleurs pour lesquelles j’ai pioché dans un camaïeu de papiers proposés par Antalis. Actuellement, j’ai en préparation un grand projet d’événementiel qui aura lieu fin novembre au Petit Palais et qui va me permettre de réaliser des décors dans des formats bien plus grands que ceux que j’ai pu réaliser jusqu’à présent.

 

Volume et finesse tout à la fois pour cette fleur stylisée par Camille Ortoli pour Mellerio.

 

Rue de la Paix à Paris, vitrines extérieures du joaillier Mellerio sublimées par Camille Ortoli.

 

La vue d’ensemble des vitrines montre bien que la création de Camille Ortoli donne une belle profondeur à l’installation des vitrines.

 

CP : Sur votre site, j’ai remarqué votre projet personnel de façades d’immeubles haussmanniens. La précision et la découpe des papiers sont impressionnantes. Pouvez-vous m’en dire plus sur la manière dont vous procédez ? Qu-‘est-ce qui vous a animée pour réaliser ce projet ?

CO : Je développe ce travail personnel inspiré de l’architecture hausmanienne en construisant des immeubles en papier de plus d’1 mètre, totalement blancs et où les moindres détails sont peaufinés. Je m’inspire en effet beaucoup des immeubles qui m’entourent, qui font partis de mon environnement. Je les prends souvent en photo et, une fois dans mon atelier, je mélange tout ce que j’ai pu voir et je les redessine. Je déconstruis toute la structure haussmanienne très précise, j’oublie son cahier des charges. Autre originalité : j’accumule des fenêtres différentes sur chacun des étages ou je dessine, par exemple, 5 portes d’entrées sur un même immeuble.

Détail de l’une des façades en papier d’inspiration haussmannienne de la créatrice.

 

Vue en biais de l’immeuble en papier de création.

 

Camille Ortoli : le sens du papier et du détail

Lorsque l’on observe une création de Camille Ortoli, on admire d’abord l’ensemble, le motif. On se laisse guider par l’impression et l’émotion qui s’en dégagent. Puis, on ne peut s’empêcher de regarder dans le détail. On s’interroge : comment la magie a-t-elle opéré ? Quels détails ont permis de rendre ce tout possible ? Car s’il est bien une particularité chez la jeune designer, c’est le soin apporté à chaque élément de papier qui compose ces sortes de mosaïques de papier. Le papier de création est bien le domaine de la rigueur et de la finesse, et Camille Ortoli a su s’en saisir.

CP : Quelle est votre démarche de création et de travail avec vos clients ?

CO : Je rencontre d’abord le client qui m’explique son projet (pistes, thème). Suite à cela, je commence par le travail de création. J’imagine, je dessine, puis je présente mes idées sous forme de maquette sur Illustrator. Une fois les visuels validés par le client, j’entame le travail de réalisation avec le papier. Avec le temps, je me rends compte que l’on me fait de plus en plus confiance sur le travail de création. Certains clients n’ont parfois même pas besoin de voir ma proposition et préfèrent me laisser travailler directement la réalisation. J’ai alors beaucoup plus de liberté !

CP : Quelle est la touche d’originalité qui vous distingue ?

CO : Je dirais : le détail que j’apporte à mes réalisations. J’ai le sentiment que l’accumulation de détails est ce qui me permet de finaliser vraiment mes réalisations, comme si j’aboutissais à quelque chose. En outre, les détails créent le volume, ce qui laisse place à des jeux de lumière intéressants. Finalement, tout part du détail !

CP : Un autre élément central de la réussite d’une mise en scène de vitrine est également… le papier. Comment fonctionne l’étape du choix de ce support ?

CO : En général, je choisis le papier selon son grammage. Pour des décors petits, mon choix se tourne plutôt vers un papier fin pour le découper et le manipuler plus facilement. J’apprécie beaucoup le blanc. Lorsque la réalisation est éclairée, mon choix se porte souvent sur des dégradés de gris car ils produisent des ombres.

CP : Pourquoi le papier vous attire-t-il particulièrement ? Quelles qualités, spécificités lui trouvez-vous ? Comment aimez-vous le travailler ?

CO : Le papier est un matériau très malléable, ce qui permet une infinité de réalisations. On peut tout ou presque représenter grâce à une simple feuille de papier ! Je m’intéressais déjà à ce support quand j’étais petite : à l’âge de 12 ans, j’ai réalisé un objet en papier mâché pour un concours Disney Chanel que j’ai remporté.

CP : Quelles sont les gammes parmi celles d’Antalis que vous aimez utiliser ? Et pour quelles raisons ?

CO : Coloraction, Pop’Set et parfois Bengali sont les principales gammes que j’apprécie particulièrement chez Antalis. C’est leur large choix de couleurs et leur qualité qui m’attirent.

Découvrirez tout l’univers de Camille Ortoli sur son site.

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