Connaissez-vous l’incroyable potentiel de l’impression numérique ? [un expert Antalis vous guide]


L’impression numérique existe depuis les années 1980 et coïncide avec le début de l’informatique. Encore plus ancienne, la xérographie (procédé électrophotographique qui donna le nom de la marque Xerox), date des années 1940 ! Depuis, la presse numérique a fait un bond en avant avec des résultats techniques vraiment bluffants. Elle mixe à la fois la personnalisation et des finitions inédites (comme l’impression en blanc). L’un de nos experts Antalis, Victor Madelaine, dresse un bilan des possibilités qu’offre à ce jour l’impression numérique et vulgarise pour nous ses principales techniques. Une révolution technique qui ouvre le champs des possibles en matière de création sur papier fin. Attention, vous allez être surpris !

 

Un expert Antalis décrypte le potentiel de l’impression numérique

 

Creative Power souhaite enrichir vos connaissances en matière de papier et de dernières tendances dans ce domaine. L’impression numérique est indéniablement un sujet dans l’ère du temps que nous développons de plus en plus pour le blog, comme avec nos précédents articles (présentation à la Drupa et nouvelle gamme avec traitement iTone®). Pour vous présenter plus en détail tout le potentiel de l’impression numérique, nous avons choisi de faire appel à l’un des experts Antalis sur le sujet : Victor Madelaine, dont le parcours au cœur du digital ne date pas d’hier.

 

Creative Power : Quel est votre évolution dans l’univers du digital et de l’impression ?

Victor Madelaine : J’ai travaillé pour le site Photo Service pendant 11 ans. J’étais d’abord responsable d’un laboratoire photos, puis je me suis occupé de la production du pôle Internet photoservice.com qui consistait à imprimer des livres et des calendriers photos. J’ai également obtenu mon brevet d’opérateur HP Indigo. Puis, je me suis tourné vers la gestion de projets web to print (impression via internet, dont l’exemple typique est le livre photo) pour un imprimeur numérique. Mon parcours m’a amené à ouvrir un showroom à Paris, nommé les Exprimeurs. Ce lieu permettait à tous de penser, réfléchir et commander un projet d’impression numérique personnel pouvant aller de la carte de visite à la biographie, au recueil de poèmes ou au portfolio de design…

 

CP : Quand avez-vous intégré Antalis et quels postes y avez-vous occupés ?

VM : Je suis entré chez Antalis en septembre 2011 en tant que chef de produits impression numérique, c’est-à-dire en charge du développement des gammes de papier à destination des imprimeurs numériques laser. Ce service est à distinguer d’un autre département dédié à la communication visuelle donc utilisant le jet d’encre. Puis, j’ai évolué en devenant il y a un peu moins de 2 ans chef de marché impression numérique avec un axe plus client et commercial.

 

CP : Pouvez-vous expliquer plus en détail votre rôle en lien avec l’impression numérique ?

VM : En tant que chef de marché, mon rôle est d’être une sorte d’intermédiaire. Il s’agit de sentir le marché et les tendances et, à partir de là, de développer et proposer des gammes et une nouvelle façon de vendre les papiers à destination des presses numériques. Nous nous situons au cœur de l’écosystème des arts graphiques et de leurs acteurs : les constructeurs des machines, les usines qui fabriquent le papier, les imprimeurs qui sont assez variés (traditionnels uniquement ou traditionnels et numériques ou visibles sur Internet ou reprographes…), les clients finaux (ceux qui commandent les imprimés, les clients des imprimeurs : PME, TPE, administrations, annonceurs). Depuis la création de l’initiative d2b, Digital to Business, nous essayons de prêcher la bonne parole concernant la valeur ajoutée de l’impression numérique. Notre credo est simple : les volumes d’impressions traditionnelles baissent, dans ce cas essayons d’imprimer mieux en numérique.

 

CP : En quelques mots, pourquoi « d2b » a-t-il été créé ?

VM : Tout simplement parce que les créatifs ne connaissent pas tout le potentiel de l’impression numérique. Cette initiative Antalis cherche donc à les accompagner et leur montrer le champ des possibles de cette technique.

 

Pour en savoir plus, consultez le site dédié à l’initiative d2b.

 

Potentiel de l’impression numérique : le marketing ciblé

 

L’un des atouts de l’impression numérique est sa flexibilité, pouvant imprimer en une seule production plusieurs réalisations aux contenus de textes et d’images différents. Dans nos sociétés où la personnalisation est recherchée pour mieux cibler les clients, l’impression numérique s’avère être un outil technique de premier ordre. Décryptage par notre expert.

 

CP : Quelles sont les possibilités offertes aujourd’hui par l’impression numérique ?

VM : L’impression numérique permet l’impression de données variables. Cela signifie que, dans un PDF, les blocs images et les blocs textes qui le composent peuvent être construits à la volée, au fur et à mesure des contenus que l’on a mis dans une base de donnée. On a un même document, mais ces blocs peuvent être personnalisés en fonction de la base de données (nom, prénom, habitudes d’achat…). On pourra, par exemple, placer une image en fonction du sexe, un contenu en fonction de l’âge. Cette base de maquette générale et ces blocs textes et images personnalisables permettent de mettre en place ce que l’on nomme le marketing ciblé.

 

CP : L’impression numérique est donc un outil de cette tendance du marketing ciblé. Comment cette approche nouvelle est-elle accueillie par les professionnels et clients et qu’implique-t-elle ?

VM : Cette manière de penser est en effet nouvelle. Elle n’est pas spontanée chez les professionnels qui ont connu un autre mode de fonctionnement jusqu’à présent. Aujourd’hui, on peut créer des scenarii et construire tout un plan. Le support print est personnalisé, en même temps que son équivalent web également personnalisable grâce aux PURL. Le processus du livre photos permet de bien comprendre le principe de l’impression numérique. En effet, plusieurs clients vont commander le même gabarit de livre sur Internet. Puis, l’imprimeur va lancer l’impression de toutes ces commandes avec un même format et papier, mais chaque exemplaire sera unique puisqu’il porte les photos personnelles de chaque client.

 

CP : Avec l’impression numérique, on touche à la gestion de la donnée variable. Celle-ci pose des questions liées au marketing.

VM : En effet, la gestion de la donnée variable représente environ 5-7 %. Le marketing direct existe depuis 20 ans, mais son potentiel est en essor dans le domaine des arts graphiques. Cependant, cela pose la question de la mise en œuvre d’une approche marketing, incontournable dans ce type de process. Or, qui doit mener cette stratégie ? L’imprimeur ? Ce dernier sera alors obligé d’intégrer des compétences marketing au sein de son équipe afin de communiquer avec les équipes marketing d’autres sociétés comme des annonceurs. Cela implique donc une véritable mutation du métier de l’imprimeur qui doit investir dans des hommes et des compétences nouvelles ou travailler conjointement avec une agence spécialisée en marketing direct.

 

CP : Quelle tendance observe-t-on ?

VM : Tous les imprimeurs regardent du côté du numérique, mais s’interrogent : est-ce que je me lance ? Si oui, est-ce que j’aurai les moyens d’intégrer ces compétences ? Mes clients finaux sont-ils prêts à payer cette campagne marketing ? Le message en faveur du marketing ciblé et donc de l’impression numérique vise à prouver qu’en faisant de la communication directe, on obtient un meilleur retour sur investissement.

 

Impression numérique : un potentiel de finitions incroyable sur papier de création

 

Les possibilités surprenantes de l’impression numérique sur papier fin se dévoilent de plus en plus. Et des gammes spécialisées de papier voient le jour, comme chez Arjowiggins Creative Papers avec le nouveau traitement iTone®. Panorama, par notre expert, des principales finitions possibles.

 

CP : Au centre de cette stratégie marketing, le papier possède de réels atouts. Pouvez-vous nous en parler ?

VM : Dans le cadre d’une communication ciblée, le papier personnalisé, associé à d’autres médias, possède une vraie force. En effet, il est par essence matérialisé et reste physiquement entre les mains de la personne qui le reçoit, sur une table ou un bureau. On y revient quand on a le temps, ce que l’on ne fait pas avec un mail ou rarement. Sa valeur ajoutée est sa présence qui se doit d’être la plus belle possible. Monter en gamme lors du choix d’un papier permet alors d’obtenir un effet visuel et un toucher remarquables. On se différencie. Le papier devient un média de communication Premium pour des cibles privilégiées.

 

CP : Sur ces papiers numériques nouvelle génération, quelles sont les finitions possibles ?

VM : Les presses numériques permettent d’embellir l’impression grâce à des vernis : vernis sur toute la page, vernis sélectif, vernis dimensionnel (c’est-à-dire en épaisseur ; il va créer un relief sur le papier), dorure avec des films de dorure traditionnels.

 

CP : Arrêtons-nous sur cette dernière technique de la dorure. Comment fonctionne-t-elle en numérique ?

VM : La dorure en numérique est un peu spécifique. Les films à dorure peuvent être imprimés en numérique en se calquant sur une impression au noir. Cela signifie que je vais imprimer en noir la partie où je veux uniquement de la dorure. Sur ce noir, la dorure va venir se coller. Puis, la feuille va repasser en impression pour recevoir la couleur qui ne portera pas de dorure. Ce film de dorure peut se coller sur le toner ou être associé au jet d’encre. Comme il est possible d’imprimer en jet d’encre dimensionnel, la dorure peut également venir se placer sur une surface en relief. Il s’agit là de techniques dites « off-line », c’est-à-dire que l’on fait d’abord un premier travail d’impression sur machine numérique, puis on réalise ces effets sur une autre machine.

 

CP : Vous parliez de techniques off-line. Je crois bien qu’il existe aussi des finitions « in-line ». En quoi consistent-elles ?

VM : Grâce au in-line, il est possible d’utiliser des toners autres que CMJN (comme le blanc), mais aussi d’imprimer des vernis, des toners fluos, dorés ou argents, des tons directs (tons dits Pantone® que l’on ne peut pas réaliser avec l’association des 4 couleurs CMJN).

 

CP : L’une des plus grandes révolutions de l’impression numérique est incontestablement l’impression en blanc.

VM : Le blanc est une révolution car il permet d’imprimer sur des papiers de création teintés dans la masse. Quand on imprime en CMJN sur un papier bleu foncé, on ne va rien voir. Car le blanc de l’image est en réalité le blanc du papier. L’impression en blanc permet d’utiliser un papier sombre pour, par exemple, faire ressortir une typographie. Ou, utilisé en sous-couches, le blanc simulera le blanc du papier, servant ainsi de fondation sur laquelle le CMJN va pouvoir imprimer. Cette technique est remarquable car la couleur neutre du papier est une teinte que l’on ne peut pas reproduire en impression traditionnelle.

 

CP : Ces finitions sont une formidable occasion de sublimer avec peu de choses les papiers de création.

VM : Absolument ! Prenons l’exemple des papiers de création dorés Curious Metallics Gold. Si l’on veut avoir un effet de lettres dorées, il est possible d’imprimer tout autour et de laisser une réserve mettant en avant la dorure du papier, un peu comme un pochoir. L’impression est minimaliste, mais l’effet est très élégant.

 

La sélection de papiers fins de notre expert

Pour vous guider plus facilement dans les gammes d’Antalis, voici quelques papiers qui se prêtent particulièrement bien à l’impression numérique :

  • Curious Matter : papier blanc ou teinté dans la masse à la surface rugueuse dont l’impression en blanc ou en dorure crée un véritable contraste de matières (mat/brillant) et de lissé.
  • Pop’Set : gamme de papiers teintés dans la masse offrant des couleurs vives et tendances comme le « Cosmo Pink », le « Lime Tonic » ou le « Citrus Yellow ». La luminosité des pigments participe à la création des visuels, notamment grâce à l’encre blanche ou transparente.
  • Les Curious Skin « Grey », « Dark », «Extra-White » ou « Red » dont le lissé de surface présente un toucher « peau de pêche ». Ils se prêtent aisément à des associations graphiques visuelles et tactiles.
  • Les gammes de blancs avec Conqueror pour une identité visuelle forte.
  • Les Rives pour une texture qui accroche la lumière.

 

Envie d’une démonstration en vidéo ? Voici l’application d’un vernis sélectif sur du papier de la collection Curious. #justaskantalis !

 

Pop’Set Black et dorure iridescente réalisée par Kurz.

 

Curious Cosmic Black Hole et vernis sélectif (bas) et dorure sur vernis relief (haut) par MGI.

 

Curious Metallics Europa Ivory et vernis relief réalisé par MGI.

 

Impression en blanc, papier en réserve sur Curious Metallics Or.

 

Curious Matter Adiron Blue et toner argent sur Xerox Color 1000i.

 

 

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