Charlotte Sagory et son quotidien de papier, coloré et décalé


Pour finir en beauté l’année 2017, nous vous proposons un dernier portrait d’une créatrice : Charlotte Sagory. Son univers empli de couleurs et de jeux sait égayer à merveille le quotidien. Comment cela ? Grâce à son doigté pour façonner des objets et scènes de papier. Un univers frais, pétillant, animé qui fait souffler un vent de nouveauté dans le monde du set design ! Chez Creative Power, on aime cela et on en redemande !

 

Charlotte Sagory et sa révélation du papier

 

Charlotte Sagory a rencontré le papier au détour de son parcours, un peu par hasard. Et le hasard a bien fait les choses, car ce support lui va si bien ! Simplement et avec générosité, elle crée de petites scènes et des objets à la fois proches du réel et tellement plus que celui-ci.

 

Creative Power : Bonjour Charlotte, pourriez-vous nous donner les grandes lignes de votre parcours qui vous a conduite au papier ?

Charlotte Sagory : J’ai passé un Bac STI Arts appliqués au lycée de Sèvres, en banlieue parisienne, sans savoir encore à l’époque vers où m’orienter. Puis de fil en aiguille, j’ai décidé de devenir styliste et j’ai validé un BTS « Design de mode et environnement » à Lille. J’ai alors réalisé que je m’intéressais plus au set design et à la mise en valeur du produit fini. L’école lilloise où je me trouvais ayant ouvert une section « Image de mode et communication », j’ai choisi de l’intégrer en 2012. Lors de mes stages de fin d’études, j’ai passé 1 an dans le groupe DNR qui possède le magazine Fricote, Shoes up (magazine street) et l’Imprimerie dans le Marais. Je m’occupais principalement des pages mode (shootings photos, mise en scène du produit).

 

CP : Une rencontre a été déterminante pour vous, celle avec la start-up Make My Limonade.

CS : En effet, c’est à cette époque que j’ai découvert Make My Lemonade, une start-up qui a démarré comme un blog puis a évolué en studio de création proposant du contenu pour des marques. Chez eux, j’ai touché à tout pendant 4 ans. Une très belle expérience ! C’est à l’occasion de la demande d’un client sur des objets en papier que je me suis mise à travailler ce support. C’est aussi à ce moment-là que l’idée des piñatas est née. 

 

CP : Je crois savoir que vous êtes tout fraîchement à votre compte ?

CS : En effet, j’ai pris mon envol en tant que « paper artist » freelance à 100 % depuis novembre 2017 ! Ce qui m’a donné envie de sauter le pas de l’entrepreneuriat, c’est de voir l’évolution de Lisa, la fondatrice de Make My Lemonade. J’ai trouvé cela merveilleux de pouvoir devenir son propre patron.

 

CP : De quels types de clients et activités se compose désormais votre activité ?

CS : Je continue à collaborer pour Make My Lemonade et j’élargis bien sûr ma clientèle à de nombreuses marques (Boulanger, L’Occitane, Grohe, Les Petits Hauts…). Mais j’ai aussi diversifié mon activité depuis l’été 2017 avec la création de kits pour réaliser soi-même des objets en papier. Ils sont distribués chez Fleux et dans de nombreuses boutiques en France. De manière générale, je travaille pour réaliser des vitrines, mais aussi de la création de contenu pour des réseaux sociaux, des publicités ou encore des événements.

Installation en bulles de papier pour la marque Grohe, par Charlotte Sagory.

 

Réalisation à la note humoristique pour un article web.

 

Retrouvez les kits cactus « Pik pik » de Charlotte Sagory !

 

Charlotte Sagory cultive son univers de papier, coloré et décalé

 

Le nombre de paper artists ne cesse d’augmenter. À croire que le papier haut de gamme n’a jamais eu autant la côte ! Dans ce contexte, se démarquer devient essentiel. Et Charlotte Sagory l’a bien compris. Elle cultive avec soin et passion un univers qui s’inspire du réel tout en lui ajoutant une dimension très ludique et colorée. Note d’humour, poésie réaliste et pop à la fois, jeux avec des mécanismes pour animer le papier… sont autant de caractéristiques qui rendent ses créations attachantes et immédiatement reconnaissables.

 

CP : On retrouve, dans plusieurs de vos réalisations, des moteurs qui permettent d’animer le papier. C’est quelque chose d’assez rare dans ce domaine. Pouvez-vous nous en dire plus ?

CS : En effet, c’est un aspect que je souhaite mettre en avant de plus en plus, afin de me démarquer. Par exemple, j’ai récemment réalisé des vitrines pour la marque Mode Trotter en créant une ambiance de village de montagne avec un téléphérique en papier mécanique qui fonctionne vraiment ! Pour la petite histoire, c’est mon compagnon qui s’est amusé à le motoriser. Et dès que l’occasion se présente, il intervient pour ajouter de la mobilité à mes structures.

 

Retrouvez quelques exemples de mises en scène motorisées, sur la page dédiée de la créatrice : Kinetic paper.

 

CP : Vous êtes également connue pour vos piñatas, encore un type de réalisation qui vous distingue des autres paper artists. De quoi s’agit-il exactement ?

CS : C’est lors de mon activité chez Make My Lemonade que j’ai commencé à réaliser les piñatas en papier, composées d’une multitude de bandes de papier. Puis, l’engouement fut tel que j’en ai développé d’autres, notamment en tissu pour Sonia Rykiel. C’est devenu en quelque sorte ma marque de fabrique, faisant office d’objets de déco. J’en réalise pour les marques, mais j’ai parfois des demandes de la part de particuliers. Je songe donc à organiser des ateliers pour que les personnes puissent réaliser elles-mêmes leurs piñatas !

 

Qu’est-ce qu’une piñata ? Ces objets, issus de la tradition mexicaine, sont à l’origine des figurines symboliques en papier remplies de bonbons et de jouets pour les enfants. Ceux-ci, les yeux bandés et un bâton à la main, sont invités à taper dessus joyeusement pour libérer toutes les surprises. En France, depuis quelques années, c’est devenu une activité plébiscitée lors des goûters d’anniversaire.

Piñata « étoile » en papier et tissu pour le set design de la boutique Les Petits Hauts.

 

Piñata « chat » en papier et tissu (magasin Les Petits Hauts).

 

CP : Avec des exemples comme la petite station balnéaire de la vitrine de Make My Lemonade, vous aimez reproduire les objets du quotidien. Quelle est votre approche ?

CS : En effet, j’aime beaucoup réinterpréter les objets du quotidien,tout en essayant de ne jamais reproduire à l’identique. Il faut que l’on comprenne qu’il s’agit du papier, j’aime le côté imparfait des formes, que ce ne soit pas complètement réaliste. Au niveau des couleurs justement, je crée un décalage avec la réalité.

Vitrine « Station balnéaire » pour Make My Lemonade.

 

La « Station balnéaire » de papier de Charlotte Sagory vue du dessus.

 

« Station balnéaire » détail. Une réalité dans le moindre détail mais aussi réinventée !

 

CP : On sent que vous confectionnez avec un grand sérieux vos créations, mais sans pour autant vous prendre au sérieux ! C’est très rafraîchissant.

CS : J’essaie en effet d’être un peu drôle ! Surtout que je trouve que le statut d’artiste n’est pas facile à porter dans sa dimension parfois un peu prétentieuse. J’aime bien me dire que « oui, je suis une artiste » et qu’en même temps je reste très atteignable et ouverte grâce à un univers où les gens peuvent se reconnaître. Je joue, tout en me faisant confiance et en cherchant à créer des choses qui me ressemblent. La plus grande satisfaction est de toucher les personnes, tout en restant moi-même.

 

CP : Le papier a été une révélation dans votre parcours. Quelle place occupe-t-il dans votre travail aujourd’hui ?

CS : Le papier est un matériau du quotidien, facile d’accès. C’est donc le support idéal pour représenter la réalité. J’essaie ensuite d’apporter ma touche d’originalité et d’humour afin d’ajouter un peu de poésie. Dans mon appartement qui me sert d’atelier, mon papa a fabriqué un meuble à papiers qui me permet d’avoir sous les yeux et à portée de main tous les échantillons de papier. C’est idéal ! Surtout que voir les couleurs des papiers que je vais utiliser est essentiel pour moi. Car je ne joue pas sur les textures. Ce sont plutôt les couleurs qui guident mes choix.

 

CP : Vous procédez par pliage, découpage, façonnage. Mais vous arrive-t-il de transformer le papier plus en profondeur ?

CS : J’ai davantage travaillé la texture et les effets de découpe avec ma carte de visite sur Curious Metallics. Parfois, je modifie le papier en le faisant graver chez l’Atelier des Amis. Ou encore en partenariat avec la Designer box, j’ai conçu des sapins gravés.

Carte de visite sur papier Curious.

 

CP : Quels sont les types de papiers Antalis que vous utilisez ?

CS : Les Pop’Set bien sûr pour leur incroyable diversité de teintes, mais aussi les gammes Parade Force 5 et Coloraction.

 

CP : Quels sont vos projets en cours et à venir ?

CS : La vitrine montagnarde de Mode Trotter est installée depuis novembre. Côté projet, j’aimerais aussi développer davantage les kits pour d’autres objets que les cactus : pourquoi pas un réveil, un globe ?! J’aimerais aussi développer d’autres motifs de piñatas. Et avec mon compagnon, nous aimerions créer le poisson très kitsch de notre enfance qui chantait « Don’t worry and be happy » en papier mécanisé. J’ai également de nombreux projets à venir dont je ne peux pas encore trop parler, chut…

Le « Village de montagne », avec téléphérique motorisé par Antoine Seveau (pour la boutique Mode Trotter).

 

« Village de montagne », détail sur le téléphérique motorisé.

 

Retrouvez Charlotte Sagory et ses dernières créations en images sur son compte Instagram !

 

Découvrez un autre monde de merveilles en papier avec le portrait d’Hélène Druvert. #justaskantalis

 

 

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