Atelier Bulk : impossible n’est pas papier !


Attention, pépite ! Creative Power a été séduit par la franchise et l’engagement de l’Atelier Bulk dans ses créations sur papier. Née en terres bordelaises, cette société mi-imprimerie, mi-studio de projet est dirigée avec dynamisme par Yann Cloutier et Florent Larronde dont la rencontre semble être frappée du sceau du destin. Forcément passionnés, ils n’en sont pas moins très réalistes sur les exigences de leur métier et mettent un point d’honneur à toujours faire progresser leur savoir-faire. Le work in progress comme état d’esprit.

 

Atelier Bulk : la force d’un duo sans concession

 

L’un est technicien à l’âme d’artiste, l’autre est un artiste familier de la technique. Les deux forment une combinaison gagnante qui a les pieds sur terre. En effet, chez Bulk, pas de place pour les rêveurs : Yann et Florent savent très bien que s’ils veulent survivre, il leur faut un mental d’acier et un process bien huilé pour décliner de l’étude à la réalisation les projets de leurs clients. Nous, nous aimons cette franchise d’un savoir-faire à la fois combattif et passionné. Portrait brut de papier.

 

Creative Power : Pouvez-vous évoquer en quelques mots votre parcours ?

Yann Cloutier : Je possède une formation en Art graphique dont j’ai été diplômé en 1997. Après avoir fait mes armes dans des start-up et entreprises liées à la cheville ouvrière en tant qu’imprimeur, je suis devenu enseignant aux Beaux-Arts de Bordeaux. C’est à cette étape que j’ai rencontré mon associé et co-fondateur de l’atelier, Florent Larronde.

 

CP : Que représente l’Atelier Bulk pour vous ?

YC : En tant qu’imprimeur de métier, l’Atelier Bulk est un vrai rêve d’artisan. Je ne réussissais pas à trouver ce que je voulais vraiment, alors j’ai créé mon outil de travail. Il me manquait juste un associé pour passer à l’acte.

 

CP : Pouvez-vous nous raconter la naissance éclair de l’Atelier Bulk ?

YC : Lorsque j’ai rencontré aux Beaux-Arts Florent Larronde, mon associé, il avait une vision fantasmée de l’imprimerie et rêvait d’avoir un atelier. Du fait de mon métier, j’ai très vite apporté au projet un angle de vue réaliste en le bordant par certaines contraintes. De fil en aiguille, on a acheté 2 presses et notre atelier a vu le jour en 2014, après seulement 4 mois de préparation ! On peut parler d’un projet monté sur un coup de tête, mais un coup de tête très réfléchi !

 

CP : Vous formez avec Florent un duo qui semble être le socle de votre réussite.

YC : Un technicien et un créatif, c’est l’équilibre idéal. Mais attention, il doit s’agir d’un technicien avec un certain regard esthétique et d’un créatif avec un minimum de connaissances techniques. Ainsi, un vrai canal de compréhension peut s’instaurer. À mes yeux, c’est la clé de la réussite d’une entreprise. Par ailleurs, on a depuis le début mis en place un management « à l’américaine », si l’on peut dire, c’est-à-dire que l’on n’a pas lancé cela pour rigoler mais pour que cela marche !

 

CP : Votre atelier compte aujourd’hui 7 personnes et s’équipe au fil de votre évolution. Quelles techniques votre équipe est-elle capable de proposer à vos clients ?

YC : Nous possédons 5 presses à dorer et nous avons étendu notre activité à tout ce qui touche à l’embellissement avec un poste de couture Singer, de la dorure sur tranche (nous ne sommes que 4 à pouvoir la proposer en France), de la couleur sur tranche, du contrecollage, du marquage à chaud et du foulage multi-support avec une presse à plat et une partie de petits façonnages variés.

 

L’Atelier Bulk est équipé en machine de haute qualité.

 

CP : Mais vous n’êtes pas qu’un espace dédié à la technique. Vous souhaitez proposer un véritable accompagnement aux marques qui vous font confiance.

YC : En effet, nous avions vocation de maîtriser toute la chaîne, de l’étude au produit concret. En raison de la distance de nombre de nos clients, il était important de leur proposer un suivi très accompagné du projet de A à Z. Étude, conseil, prototype, essai. Cette approche nous a d’ailleurs permis d’entretenir une très bonne relation avec les clients autour de la confiance et du savoir-faire.

 

CP : On peut dire sans se tromper que se reposer sur ses lauriers ne correspond pas à l’état d’esprit Bulk, n’est-ce pas ?

YC : Assurément pas ! On perçoit et on positionne l’atelier comme un véritable laboratoire d’expérimentation autant pour les productions des clients que pour nos produits d’auto-promotion. Tester sans cesse, c’est ce qui permet de développer le savoir-faire, c’est capital. Notre savoir-faire qui s’accroît sans cesse est notre meilleure carte de visite pour nous différencier.

 

Bel exemple de désir d’expérimentation de l’Atelier Bulk qui cumule plusieurs finitions : gaufrage multi niveaux, dorure microtexturée, marquage à chaud et sérigraphie.

 

Contrecollage de 5 papiers : Curious Matter Adiron blue, cartons, Curious Desirée Red, micro texture et marquage à chaud or et blanc.

 

CP : En ce sens, le nom de votre atelier est bien trouvé, car il évoque ce labeur de l’artisanat.

YC : Bulk signifie la « main » (le terme d’imprimerie) en anglais, ainsi que d’autres significations comme « vrac ». Je trouvais la transcription littérale assez belle. En outre, la sonorité du mot est assez dure et exprime assez bien l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvons : de vrais travailleurs avec de vraies valeurs. Même si je la respecte profondément, je voulais que l’on se détache de l’image « mignonne » du faire-part de mariage réalisé par le petit imprimeur en letterpress, car elle ne nous correspondait pas.

 

Comment s’opère l’alchimie Bulk sur le papier

 

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Mark Twain

 

« À cœurs vaillants, rien d’impossible », « Impossible n’est pas français »… Les citations sur l’impossible (et le possible !) sont légion. En rencontrant l’Atelier Bulk, nous avons la sensation d’avoir trouvé une représentation de cette volonté de dépasser les limites. Bulk s’est créé sa propre richesse, celle qu’aucun de ses confrères ne pourra lui enlever : son savoir-faire, unique.

 

CP : Quels sont vos projets du moment ?

YC : On est en phase d’essai pour de la marqueterie de papier. Tous les ans ou tous les semestres, on sort de nouvelles créations. Si l’on a beaucoup débuté avec la papeterie et la carterie, j’ai vite voulu m’en éloigner. Aujourd’hui, nos réalisations vont des invitations pour la Fashion Week aux grands formats (couverture, chemise…), en passant par le packaging ou les cartes de vœux d’entreprises.

 

Élégance et efficacité pour cette carte de visite avec marquage à chaud cuivre.

 

Étiquettes pour la Bordeaux Bière Factory (letter press et marquage à chaud or).

 

Vœux de l’Institut National d’Histoire de l’Art (gaufrage).

 

Pour la Salle Pleyel, set d’invitations et VIP pass.

 

CP : Comment qualifieriez-vous votre manière de travailler ?

YC : Nous proposons de l’artisanat industriel : nous gardons cette âme d’artisan, mais nous avons des process d’industrie qui permettent d’être réactifs et d’optimiser le flux de la chaîne de production. Dans le métier d’imprimeur très touché, vous avez le choix entre un enjeu purement économique avec une logique de baisse des marges ou une mise en avant du savoir-faire et de son enrichissement. Nous avons emprunté la deuxième voie sans hésiter qui nous permet de repousser sans cesse nos limites et réaliser… ce qui n’est pas possible !

 

CP : Parlons de votre matière première : le papier. Quelle évolution avez-vous remarquée depuis les dernières années dans la relation entre les imprimeurs et le papier de création ?

YC : On remarque une réelle évolution chez les imprimeurs qui, il y a encore quelques années, allaient à reculons vers le papier de création car il représentait un support difficile à travailler. Puis, il y a eu une prise de conscience de la valeur à la fois financière et qualitative d’un tel papier. Les méthodes de travail ont évolué par rapport à la perception de cette matière. Dans un contexte d’industrie en crise, le papier de création est alors devenu incontournable pour toucher un marché haut de gamme.

 

CP : Nous savons que vous connaissez bien les papiers distribués par Antalis. Vous êtes même en partenariat avec Arjowiggins. Quelles sont vos gammes favorites ?

YC : Le Keaykolour marche très bien car, très polyvalent (dorure, gaufrage, impression…), il possède une large palette de couleurs. En outre, il jouit d’un beau positionnement en matière de tarif. Nous utilisons aussi le Curious matter, surtout pour les finitions de dorure, le contrecollage et la sérigraphie où il permet de beaux effets de contraste. Enfin, dans les gammes classiques, le Rives tradition est très apprécié pour la papeterie et la carterie : c’est un classique qui s’est peu démodé.  

 

Atelier Bulk

12, Allée des Pins

33320 Eysines

Tél. : 05 35 38 75 04

(sur rendez-vous)

 

Retrouvez toutes les réalisations et l’état d’esprit de l’Atelier Bulk également sur leur page Facebook et leur compte Instagram. Besoin de cartes de visite, cartes blanches ou cartes de correspondance à petits prix mais de grande qualité ? Rendez-vous sur leur site Bulk Classic pour consulter leurs offres.

 

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